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La phytothérapie : bienfaits des plantes médicinales et utilisation

La phytothérapie, technique de soin naturel basée sur l'utilisation des plantes médicinales, offre un bon complément -voire une alternative- à certains traitements conventionnels, pour apaiser nombre de troubles. Cependant, son efficacité et son usage requièrent une connaissance approfondie, afin d'éviter effets indésirables, interactions médicamenteuses… et de sécuriser le conseil. Définition, histoire, bienfaits et prescription : Viviane Bonnaud, docteure en pharmacie et phyto-aromathérapeute, nous partage son savoir sur le sujet.

12 min. de lecture

publié le

par Pauline

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La phytothérapie, technique de soin naturel basée sur l’utilisation des plantes médicinales, offre un bon complément -voire une alternative- à certains traitements conventionnels, pour apaiser nombre de troubles. Cependant, son efficacité et son usage requièrent une connaissance approfondie, afin d’éviter effets indésirables, interactions médicamenteuses… et de sécuriser le conseil. Définition, histoire, bienfaits et prescription : Viviane Bonnaud, docteure en pharmacie et phyto-aromathérapeute, nous partage son savoir sur le sujet.

La phytothérapie : définition

On parle de phytothérapie pour désigner le soin par les plantes. L’aromathérapie, qui utilise les huiles essentielles, en est une branche.
Durant des milliers d’années, la phytothérapie a constitué la principale source de remède contre de nombreuses maladies, et elle est encore abondamment utilisée dans le monde par des millions d’êtres humains, pour qui faute de moyens, la médecine occidentale reste encore en partie inaccessible.

Depuis quelques années, on assiste à un regain d’intérêt pour les soins naturels et la phytothérapie continue non seulement d’avoir ses adeptes, mais fait l’objet d’une demande croissante, bénéficiant de l’engouement pour un « retour » au naturel, et étant souvent perçue comme moins nocive que les médicaments issus de l’industrie chimique.


Phytothérapeute et conseiller en phytothérapie : distinction

Le phytothérapeute est le spécialiste des traitements par les plantes, même s’il n’existe pas de définition légale. On a tendance à réserver ce terme à un professionnel de santé (médecin, pharmacien) ayant suivi une formation en phytothérapie. Sans ce titre, on va parler plutôt de « conseiller en phytothérapie ».

Le conseiller en phytothérapie ne doit pas effectuer de diagnostic (exercice illégal de la médecine), et ne peut pas délivrer d’ordonnance. Il ne doit pas aller à l’encontre des traitements médicaux, mais il peut donner des conseils, proposer des plantes en vente libre, des compléments alimentaires et un protocole de soins.
Dans tous les cas, que ce soit en phytothérapie ou aromathérapie, il est recommandé d’avoir une connaissance approfondie des plantes pour éviter tout danger.

Phytothérapeute et herboriste  : différence

L’herboriste est une personne habilitée à vendre des plantes médicinales du fait de la détention du diplôme d’herboriste ; il peut détenir et vendre des plantes médicinales indigènes ou acclimatées, à l’exception des plantes inscrites sur les listes des substances vénéneuses. Les plantes ou parties de plantes ne pourront pas être délivrées sous forme de mélanges préparés à l’avance (sauf pour certains mélanges, sur autorisations accordées par le ministre de la Santé Publique).
Cependant, le diplôme d’état d’herboriste ayant été supprimé en 1941, de fait les herboristes ne sont plus très nombreux. A ce jour, malgré la demande très présente de reconnaissance d’un diplôme d’herboriste, pas de modification des dispositions prises par l’état français, quand certains voisins européens le reconnaissent. C’est le cas du Royaume Uni, de la Belgique, de l’Allemagne, la Suisse et de l’Italie.


La phytothérapie au cours des âges

Depuis la nuit des temps l’homme utilise les plantes pour se soigner, en se basant sur l’expérimentation, l’intuition, l’observation, mais il est impossible de savoir précisément à quand remonte les premières utilisations des plantes médicinales.

La phytothérapie est une science très ancienne, on doit aux Sumériens le premier texte connu sur la médecine par les plantes, gravé sur une tablette d’argile en caractères cunéiformes 3000 ans avant notre ère. Nous citerons également le premier recueil consacré aux plantes médicinales, le célèbre papyrus égyptien Ebers (environ 1500 ans avant notre ère) qui répertorie plusieurs centaines de plantes. Les Grecs et les Romains utilisaient également de nombreuses plantes.
Hippocrate (460-536 avant notre ère) , médecin grec et pharmacien, considéré traditionnellement comme le père de la médecine, chercha une explication rationnelle aux maladies, basée sur l’observation des symptômes, et on dénombre environ 230 plantes dans la Pharmacopée du « Corpus Hippocraticum ». Nous mentionnerons également Dioscoride, médecin et botaniste grec né vers -40 avant, à qui l’on doit un ouvrage en 5 volumes appelé « De Materia Medica » , qui documente environ 600 plantes. Enfin, Galien, médecin grec né en Asie Mineure en 129, considéré comme père de la pharmacie et premier scientifique qui basa sa pratique sur les modèles définis par Hippocrate. Au Moyen Age, les médecins d’inspiration gréco-latine ou arabe utilisaient aussi largement les plantes. Et au XVe siècle, l’invention de l’imprimerie va permettre une grande avancée dans la transmission des savoirs. Les herbiers imprimés se multiplient alors, et on voit apparaitre des répertoires de plantes.
En Europe, les plantes représentent l’essentiel de la pharmacopée jusqu’à la fin du XIXe siècle, jusqu’à l’après-guerre, avec l’utilisation pour la première fois de la pénicilline chez l’homme, et des résultats spectaculaires obtenus, sauvant des centaines de millions de vie. Cette grande avancée médicale ouvrait la voie aux médicaments de synthèse et révolutionnait la manière de se soigner, avec en parallèle un intérêt décroissant pour les plantes médicinales.


La Phytothérapie d’aujourd’hui, rencontre des savoirs ancestraux et de la connaissance
scientifique

Aujourd’hui, la phytothérapie fait figure de médecine « douce », « complémentaire ». Nous sommes riches de deux enseignements, notre phytothérapie dite « moderne » s’appuie à la fois sur la phytothérapie dite « de tradition », héritage ancestral riche de nombreuses connaissances, transmises de manière orale de génération en génération, mais aussi grâce aux écrits, aux traités, retrouvés par exemple dans les monastères . Elle reprend les usages ancestraux, avec une utilisation dite empirique, qui repose sur une approche globale de l’individu, qualifiée d’holistique, en se fiant aux résultats obtenus. Mais elle s’enrichit également des connaissances scientifiques…

Grâce à l’identification de principes actifs, testés cliniquement et connus, petit à petit les chimistes déterminent comment les substances extraites des plantes agissent sur l’organisme. Cette vision plutôt scientifique, va s’intéresser à l’action des plantes sur les symptômes de la maladie et la recherche de molécules actives.
Aujourd’hui on continue toujours à utiliser les molécules actives des plantes, parfois légèrement modifiées pour améliorer leur efficacité et/ou réduire leurs effets indésirables.
Ne pas oublier que près de 60% de nos médicaments chimiques présents sur le marché sont issus ou dérivés de substances d’origine végétale. Un des exemples les plus connus étant l’aspirine composé d’acide acétyl-salicylique, isolé et synthétisé à partir du saule blanc et de la reine des près. D’ailleurs, le médecin grec Hippocrate (vers -460.), qui pratiquait la médecine d’observation, recommandait déjà le saule blanc pour soulager les douleurs et les fièvres.

Nous pouvons également citer :

  • La quinine, médicament antipaludéen issu du quinquina, arbuste originaire d’Amérique du Sud ;
  • La digitaline, médicament de l’insuffisance cardiaque, tirée de la Digitale pourpre ;
  • Les médicaments anticancéreux, avec le taxotère qui provient de l’if ;
  • La vincristine, alcaloïde extrait de la pervenche de Madagascar.

Certaines plantes ont pu démontrer leur efficacité au cours d’essais cliniques randomisés, contrôlés, qui permettent de valider les propriétés thérapeutiques de certains végétaux et confirment leur usage traditionnel. Cependant les études cliniques étant extrêmement coûteuses, et les protocoles reconnus très exigeants, très peu sont validées. Aussi, beaucoup de fabricants de produits de phytothérapie n’ont pas les moyens d’investir dans ces essais, qui ne seront pas reconnus.

La réglementation actuelle concernant les plantes médicinales et les produits à base de plantes, issue de normes françaises ou européennes, est guidée par un objectif impérieux : protéger la sécurité des consommateurs et de la santé publique. Cependant, elle demeure très complexe, parfois confuse ; par exemple, une même plante pouvant avoir un statut différent en fonction de ses usages : thérapeutique, alimentaire, aromatique, cosmétique…

La pharmacopée répertorie les plantes considérées comme présentant des propriétés médicinales, seuls les pharmaciens ont à ce jour le droit de vendre des plantes médicinales, sauf pour celles libérées du monopole pharmaceutique (la liste étant évolutive). A ce jour 148 plantes d’usage thérapeutique non exclusif, ont été libérées du monopole pharmaceutique, à condition d’être vendues en l’état. Toutes les plantes non inscrites à la pharmacopée sont libres à la vente comme plantes alimentaires, toute allégation thérapeutique étant interdite.

Le saviez vous ?

Les compléments alimentaires, à base de plantes, entrent dans la catégorie « denrées alimentaires ». De fait, ils sont régis par les instances compétentes au niveau national de la DGCCRF (direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) et de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail).


Que soigne la phytothérapie ?

La phytothérapie utilise les plantes ou parties de plantes (fleurs, racines, feuilles, écorces…) sous différentes formes galéniques : tisanes, infusions, décoctions, poudres de plante sèches ou fraîches, macérats et extraits de plantes, huiles essentielles…
Les plantes sont actives grâce aux molécules qu’elles contiennent, et on pourrait être tenté de réduire la plante à ses molécules identifiées, connues, répertoriées, dans leur rôle de principes actifs chimiques utilisés en tant que tels, ou modifiés par l’industrie pharmaceutique… Mais l’on ne peut pas considérer la plante comme la somme de ses molécules actives. La plante en totalité ou “totum “ étant supérieure à la somme de ses constituants. Le « totum » étant source de synergies (action collective de plusieurs molécules créant un effet global) et parfois même de propriétés émergentes (propriétés nouvelles et imprévisibles qui peuvent apparaître à partir d’un certain degré de complexité), ou même d’une moindre toxicité de la plante en tant que telle. Tout se passe comme si dans la plante, à côté des substances actives, coexistaient des substances non actives, venant amplifier l’activité, moduler les substances identifiées comme actives, venant même réduire leur toxicité.
En résumé, Il n’est pas possible de prédire tous les effets d’une plante d’après sa seule composition. On est forcé d’admette que les plantes en tant que telles sont une usine chimique très complexe dont on ne connaît pas parfaitement la composition.

Ce qui nous amène à dire que la phytothérapie utilisant la plante entière, ou une partie de plante, a pleinement sa place en tant que médecine complémentaire des médicaments, par sa spécificité.

Est-ce que la phytothérapie est efficace ?

Actuellement la liste des plantes médicinales en vente libre en France comprend 148 plantes, vendues dans ce cas sans allégation thérapeutique, avec le statut de denrée alimentaire.
Cependant, certaines allégations nutritionnelle de santé sont « autorisées ». Il en est de même pour les compléments alimentaires de plantes, vendus sans indication thérapeutique. La phytothérapie, seule ou en combinaison avec la médecine classique, peut donner de très bons résultats. Elle ne se substitue en aucun cas aux médicaments, mais peut être utile en prévention ou en accompagnement de troubles mineurs. Elle peut être très utile notamment en cas de maladies dites fonctionnelles (fatigue, vertiges, spasmes, trouble motricité intestinale, troubles du sommeil, désagréments de la ménopause…) après qu’un diagnostic médical ait écarté toute pathologie grave. On qualifie de trouble fonctionnel une maladie n’ayant pas de support lésionnel.

Sans se substituer aux traitements allopathiques, la plante médicinale se positionne en prévention pour contribuer au bien être et à la bonne santé des individus, en maintenant l’équilibre physiologique, en éliminant ou atténuant les inconforts du quotidien (difficulté à s’endormir, digestion difficile, stress, inconforts articulaires…).

Phytothérapie : dangers

Même si beaucoup de plantes médicinales sont courantes et dénuées d’effets secondaires aux doses usuelles, prendre soin de sa santé avec les plantes nécessite une bonne connaissance car d’autres seront efficaces dans des marges thérapeutiques étroites, à l’intervalle entre dose efficace et dose toxique réduit. Certains végétaux toxiques ne seront également utilisables qu’a des dilutions très faibles, et parfois autorisés uniquement en dilution homéopathique.
Conseiller une plante nécessite non seulement de connaitre ses propriétés, mais aussi ses contre-indications, ainsi que ses effets secondaires potentiels.
Il importera également de personnaliser le conseil, en fonction de l’âge, de l’état de santé de la personne, de la prise éventuelle de médicaments pouvant présenter des interactions avec certaines plantes. In fine, pour sécuriser le conseil, il est souhaitable -voire indispensable-, que sa qualité soit au rendez-vous.

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